Élever des enfants généreux

Des façons concrètes d’être des exemples de générosité dans la famille

par Lisa Hall-Wilson

Des chercheurs du Projet sur la science de la générosité de l’Université Notre Dame remettent en question la notion selon laquelle les enfants sont naturellement égoïstes. Ils suggèrent plutôt que la générosité est à la fois innée et apprise 1. Un parent peut être frustré lorsqu’il voit son jeune enfant partager sa crème glacée avec le chien, mais c’est aussi cela, la générosité. Un autre plus grand offrira sa couverture préférée à son nouveau frère ou sœur sans qu’on le lui demande, ce qui tend à démontrer que les jeunes enfants sont capables de faire preuve de générosité, même quand le geste n’est pas récompensé ou souligné.

oURSPar contre, tout parent qui a dû faire l’arbitre entre ses enfants vous dira que nous sommes tous en apprentissage. Tôt ou tard, la plupart des enfants se débattent avec le concept de la générosité. La honte et la culpabilité sont de mauvais professeurs qui tendent à laisser derrière elles un héritage fait de ressentiment et d’amertume. Mais comment les familles peuvent-elles apprendre à leurs enfants à être généreux par une approche positive?

Marylynne Middelkoop a constaté que des actes de bonté spontanés sont un excellent moyen de se faire de nouveaux amis et d’accueillir des gens au sein de la communauté. Son mari a servi dans la Marine canadienne pendant 25 ans, si bien que leur famille avait l’habitude de se faire de nouveaux amis.

« Nous nous sommes fixés pour objectif de souhaiter la bienvenue aux familles nouvellement arrivées dans notre quartier en leur offrant des biscuits fait maison. Quand nous faisions du pain, nous en mettions toujours un de côté pour pouvoir l’offrir, dit Middelkoop. Avec les enfants, nous aimions aussi préparer des repas pour les familles qui passaient par des temps difficiles. Un jour, l’aînée est rentrée de l’école en disant qu’elle voulait faire un gâteau et l’offrir à la première personne qu’elle rencontrerait. Vous imaginez bien que je l’ai aidée! »

Middelkoop raconte comment le fait d’encourager ses enfants à faire des actes de bonté spontanés les a aidés à apprendre à être généreux.

La générosité peut prendre bien des visages, mais la recherche indique qu’il ne suffit pas d’être un exemple de générosité envers les autres; les parents ont aussi besoin de discuter ouvertement la question avec leurs enfants.

Isabel Stigge de London en Ontario a 10 enfants âgés entre cinq et 19 ans – quatre biologiques et six adoptés. Stigge dit que constituer une grande famille nécessite le partage de notre espace, des jouets et des ressources. Tout le monde est ainsi encouragé à penser aux autres avant soi-même.

Stigge précise : « Dieu nous a mis à cœur d’adopter d’autres enfants quand nos enfants biologiques avaient entre quatre et 10 ans. Nous avons vécu cela en famille et avons discuté du besoin de prendre soin d’enfants dont les parents n’étaient pas capables de s’occuper. Le rôle de nos enfants, tout comme le nôtre, était d’aimer et d’accepter les enfants que nous accueillions dans notre foyer. »

Pour bien des familles, être des exemples de générosité n’est pas difficile car elles aident déjà ceux qui sont dans le besoin dans leur entourage. Ils ont cultivé une mentalité qui met les autres en premier. Leslie Kent de Caledonia en Ontario a quatre enfants âgés entre cinq et 12 ans. La famille Kent fait des petites choses comme des snacks à distribuer à l’aire de jeux avec ceux qui n’en ont pas, offrir des tours de manège ou des conseils sur la manière d’économiser de l’argent. Ils consacrent du temps à servir dans leur église. Tant de petites choses qui, prises séparément, ne semblent pas significatives, mais qui constituent un engagement au quotidien à être des exemples de générosité pour leurs enfants. Autant de gouttes d’eau versée dans le seau et de temps offert sans compter.

Un évènement spécial qui passionne les enfants de la famille Kent consiste à collecter des objets pour les boîtes de l’Opération Enfants de Noël avec la Bourse du Samaritain. « J’aime faire cela avec mes enfants, dit Leslie. Nous prenons toujours du temps à regarder des vidéos en ligne pour qu’ils comprennent exactement pourquoi ils font cela. J’aime voir la joie de mes enfants quand ils sont occupés à faire quelque chose expressément pour quelqu’un d’autre. »

La Bible enseigne qu’il vaut mieux donner que recevoir, mais Barbie Maguire de Calgary en Alberta dit que les enfants qui reçoivent de tels cadeaux apprennent beaucoup eux aussi. Maguire a quatre enfants âgés de quatre à 16 ans; il y a neuf ans de cela, son mari a eu un accident au travail qui l’a laissé quadriplégique. « Il est difficile de permettre aux gens de vous bénir. J’aime aider les autres. Je fais des repas pour les gens, mais quand tout bascule et que les rôles sont inversés, il est difficile d’accepter de dire : Merci de m’avoir béni. »

Pour Maguire, la générosité des autres envers sa famille a été bouleversante et touchante. Certains amènent un repas ou offrent d’accompagner ses enfants à diverses activités; les plus grandes bénédictions – un voyage à Disneyland et une nouvelle voiture – furent les bienvenues, quoique difficiles à accepter. « De pair avec la générosité, il est bon d’apprendre à nos enfants à être assez humbles pour permettre aux autres de les bénir parfois… Nous ne savons pas tout ce que Dieu peut leur apprendre à travers une telle expérience. »

Toutes ces familles tendent la main pour aider les autres sans que cela soit contraint ni superficiel. Elles font simplement ce qu’elles peuvent pour améliorer ce monde, un acte de bonté à la fois. Il est important de ne pas mépriser les gestes les plus modestes. Tout compte, et nos enfants nous observent.

Pour Isabel Stigge, la récompense est presque tangible. « Au final, il en résulte sans aucun doute des cœurs plus généreux et compatissants. »

Lisa Hall-Wilson est une auteure indépendante qui vit avec son mari et leurs trois enfants à London en Ontario.

Cet article est paru dans le numéro de janvier/février 2014 de testimony, une publication bimestrielle des Assemblées de la Pentecôte du Canada. © 2014 Les Assemblées de la Pentecôte du Canada.

1. “New studies link gene to selfish behavior in kids, find other children natural givers,” Notre Dame News, University of Notre Dame, accessed October 2013, http://news.nd.edu/news/37914-new-studies-link-gene-to-selfish-behavior-in-kids-find-other-children-natural-givers.

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