Un chemin différent vers la gloire

À l’image de Christ, à l’encontre de la popularité

Par Ron Powell

Un chemin différent vers la gloire

Ce n’est pas le chemin que j’aurais choisi, mais ce n’était pas à moi d’en décider. Pour ma part, j’aurais choisi une route plus directe, un chemin plus facile et moins obscur. Sur mon chemin, je me serais assuré d’avoir des avantages et des privilèges sur une base régulière, ainsi que de fréquentes doses de valorisation – et aussi plus de gens qui m’auraient suivi fidèlement. Le parcours que Jésus a choisi semblait aller dans tout sauf la bonne direction, comme s’il avait pris ses idées dans le guide Éviter la popularité pour les nuls. La mentalité du monde, c’est que si nous « l’avons l’affaire », nous avons le droit de nous mettre en avant. À l’opposé, le Fils de Dieu a choisi de restreindre ses pouvoirs, et lorsqu’il les utilisait, il demandait aux gens de demeurer le plus discrets possible face à ce qui venait d’arriver. C’est comme si Jésus avait manqué le mémo qui expliquait comment gagner le monde par l’autopromotion sur les blogues, les pages Web, les vidéos Youtube et l’utilisation assez intelligente de Twitter pour se construire un fan-club de millions d’abonnés.

Voyons les choses en face : Jésus vient confronter de plein fouet notre culture de popularité. Nous aimons les vedettes. Certains sociologues disent même que nous cherchons à obtenir de la notoriété et à voir nos rêves se réaliser à travers ceux que nous admirons1. Nous faisons une obsession de tous les petits détails de leurs vies, comme si nous accomplissions à travers eux nos espoirs et nos fantasmes. C’est peut-être la raison pour laquelle Jésus demeure un mystère, puisqu’il a rejeté du revers de la main le style de vie des gens riches et célèbres.

Au lieu de suivre une méthode à la Dale Carnegie pour se faire des contacts et devenir influent, le sauveur de l’humanité avait plutôt l’habitude d’offenser ceux-là même qui auraient eu la capacité de faire avancer ses intérêts. Jésus s’est tenu avec les mauvaises catégories de personnes et a exercé son ministère parmi ceux qui ne pouvaient en aucun cas lui offrir de possibilités d’avancement. Quant à sa mission, disons qu’il paraîtrait étrange aujourd’hui de dire que nous sommes venus non pour être servis, mais pour servir et donner notre vie comme la rançon de plusieurs (voir Marc 10.45) – ce n’est pas une devise que beaucoup adopteraient comme leur énoncé de vie.

La vie de Jésus est en contradiction avec des enseignements aujourd’hui populaires dans certains segments du christianisme. La Parole nous décrit Jésus comme étant un « homme de douleur et habitué à la souffrance » (Ésaïe 53.3). À en croire certains prédicateurs, cela serait un indicateur comme quoi il ne serait pas en bons termes avec Dieu, ou encore qu’il vivrait en-deçà de sa position de fils de Roi ayant la faveur divine.

“Jésus s’est tenu avec les mauvaises catégories de personnes et a exercé son ministère parmi ceux qui ne pouvaient en aucun cas lui offrir de possibilités d’avancement.”

Même Pierre, l’un des disciples de Jésus, pensait que ce dernier n’aurait pas dû avoir à souffrir. Lorsque Jésus s’est mis à parler de la souffrance et de la mort qui l’attendaient, Pierre l’a repris : « À Dieu ne plaise, Seigneur! Cela ne t’arrivera pas » (Matthieu 16.21-22). Pierre était stupéfait et repoussé à l’idée que Jésus puisse avoir à souffrir. Je ne l’en blâme pas. Si la personne la plus juste sur terre ne pouvait même pas se permettre le luxe d’une vie facile, il n’y a aucune chance qu’un pécheur comme moi puisse faire beaucoup mieux. Si les promesses bibliques d’une vie douce et paisible ne s’appliquent pas spécifiquement à Christ, comment pourrais-je alors me réclamer d’une vie de parfaite santé, de bonheur et de prospérité? Si le Maître a souffert, ses disciples ne devraient-ils pas souffrir aussi? Pierre croyait qu’aucun malheur ne pouvait atteindre les gens pieux. Jésus savait qu’il en était autrement. Il savait que sa gloire ne pouvait être atteinte qu’en passant par la croix. C’est paradoxal, mais Jésus considérait le fait d’être cloué à la croix devant une foule qui se moquait de lui comme un sujet d’exultation. C’est ce que Jésus voulait dire par, « Et moi, quand j’aurai été élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi » (Jean 12.32).

Le chemin de la gloire par la souffrance fut un chemin emprunté aussi par plusieurs des disciples de Jésus. Son frère Jacques a été mis à mort par l’épée. Étienne, l’un des premiers diacres de l’église de Jérusalem, est mort lapidé. Paul a enduré beaucoup de souffrances durant sa vie et a finalement été exécuté après une longue période d’emprisonnement. La tradition nous dit que Pierre, se sentant indigne d’être crucifié de la même manière que Christ, a demandé à être crucifié la tête en bas. Les quelque trois siècles où les chrétiens ont été martyrisés après la mort de Jésus nous démontrent la véracité de cette promesse biblique : « Or, tous ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus-Christ seront persécutés » (2 Timothée 3.12).

Plusieurs de nos bien-aimés sont passés dans la gloire après avoir parcouru un long chemin de souffrance. Comme une personne atteinte de la maladie de Parkinson me disait récemment, « Lorsque j’ai reçu mon diagnostic, je me suis senti comme au-dessus d’un gros trou noir. » Il arrive souvent que la vie des croyants se termine par une longue bataille contre un cancer ou contre une autre maladie incurable. Cette pensée n’apporte certes pas grand réconfort. Et si je sais que Dieu ne cause ni ne prend plaisir à nos souffrances, il semble que les derniers miles de notre parcours impliquent souvent de la souffrance avant notre entrée triomphale dans la gloire de la présence de Dieu. C’est cette espérance qui soutient les chrétiens qui souffrent partout à travers le monde. Parfois Dieu guérit. Dieu console toujours. Tôt ou tard, tous meurent. Ainsi, recevez ces paroles de réconfort de la part d’un partenaire de souffrance : « Amis très chers, vous êtes dans le feu de la souffrance. Ne soyez pas surpris, ce n’est pas étonnant! Ce feu va montrer ce que vous valez. Si vraiment vous participez aux souffrances du Christ, soyez joyeux. Alors, quand vous verrez sa gloire, vous serez également heureux et pleins de joie » (1 Pierre 4.12-13 PDV).

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[1]. Karen Sternheimer, Celebrity Culture and the American Dream: Stardom and Social Mobility (New York: Routledge, 2011), 2.

Au moment d’écrire cet article, Ron Powell était le directeur des études supérieures au collège Vanguard. Il vit à Edmonton en Alberta. Cet article a paru dans l’édition de mars-avril 2014 de la revue testimony, une publication bimestrielle des Assemblées de la Pentecôte du Canada © 2014 Les Assemblées de la Pentecôte du Canada. Photo © istockphoto.com.

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