Vers un « oui » joyeux – 1e Partie

Vers un « oui » joyeux – 1e Partiepar Carol Froom

Un de mes mentors en matière de collectes de fonds me disait un jour que mon but d’encourager la générosité consistait simplement à « guider les gens vers un “oui” joyeux ». Ces paroles me sont restées au cours des années alors que j’ai eu le privilège de diriger diverses initiatives pour des organisations humanitaires chrétiennes, y compris ERDO, qui ont permis de réunir des millions de dollars pour changer des vies partout dans le monde. Pour beaucoup de gens en Amérique du Nord, la générosité n’est pas un état d’esprit naturel. Comme je l’ai appris, les gens qui vont à l’église ne font pas exception à la règle.

J’ai était frappée de voir que, lorsque des messages sur la dîme, les offrandes ou les dons étaient annoncés à l’église, il n’est pas rare que les gens trouvent soudain toutes sortes d’excuses pour être absents ce jour-là. Pourquoi est-ce si difficile d’être généreux, ou bien même de parler du sujet?

Le virage culturel nord-américain du « nous » au « moi »
Allumez votre télévision et vous trouverez des programmes sur des gens qui accumulent des biens, ou bien vous entendrez un décorateur d’intérieur dire : « J’ai dépensé un million de dollars sur cette pièce, et chaque cent en valait la peine ». Chaque jour nous sommes bombardés par des messages publicitaires nous disant ce dont nous avons besoin afin d’être plus populaires, plus attirants et d’avoir plus de succès. Les normes publicitaires et sociales dirigent les gens vers une façon de penser selon laquelle il est normal de dépenser de l’argent sur soi-même, qu’il s’agisse de centaines et même parfois de milliers de dollars. Considérez l’espace de placard dans les maisons plus récentes. Les anciennes maisons avaient largement assez de place pour la plupart des familles, mais aujourd’hui les maisons ont besoin de placards de la taille d’une chambre et les gens veulent des garages doubles ou triples pour pouvoir ranger leurs « choses ». Et lorsqu’on ne peut contenir davantage de choses dans nos maisons, on se tourne vers la location d’espaces d’entreposage. Selon un article de The Economist datant du mois d’août 2012, une famille sur 10 aux États-Unis utilise un local d’entreposage 1. Au Royaume-Uni, selon le même article, le nombre de locaux d’entreposage utilisés a augmenté de 8 % en un an 2. Nous nous sommes mis à nous cramponner de plus en plus à nos trésors et avons négligé de plus en plus le fait que nous pourrions être plus généreux si nous faisions davantage avec moins.

Leçons apprises grâce à ceux qui donnent : Kim Mee
Mon ami, Kim Mee, est une des personnes les plus amusantes et les plus généreuses que je connaisse. N’importe quel besoin qui parvient à son oreille reçoit une attention particulière, est élevé dans la prière et la pousse à vouloir s’investir personnellement. Ne pas être généreuse la rendrait mal à l’aise. Kim Mee n’a pas de ressources financières qui puissent même être comparées de près ou de loin à celles de Bill Gates et de Warren Buffet puisque son revenu lui vient d’une petite garderie chrétienne dans sa maison. Sa philosophie est simple. Ayant grandi dans une très grande famille malaisienne sans mère et avec peu de ressources financières, elle voit les bénédictions financières dans sa vie comme une bénédiction directe de Dieu; pour elle, pas question de s’attacher à ces bénédictions si elle se trouve face à une situation où celles-ci pourraient faire la différence. Si un ami a un besoin ou si une cause nécessite des leaders ou des aides, elle ne se repose pas avant d’avoir discerné par la prière un moyen d’aider. Kim Mee aime le Seigneur et aime donner.

Les femmes de Vembar, Tamil Nadu en Inde
Parfois la générosité apparaît à l’endroit et au lieu où on l’attend le moins. Un de mes voyages professionnels m’amena au sud de l’Inde, où j’ai visité des communautés qui avaient été plus ou moins rasées par le tsunami du 26 décembre 2004. Cela faisait quatre ans qu’ils rebâtissaient leurs moyens de subsistance, mais la pauvreté était terrible. J’ai vite appris que les femmes de la communauté avaient beaucoup de mal à comprendre mes cheveux blonds. Alors que je marchais parmi les villageois et que je prenais part à une conversation professionnelle au sujet de la production des denrées alimentaires durables, il m’est arrivé à plusieurs reprises de sentir des doigts tendus avec douceur pour me toucher, puis disparaître.

Après la visite, nous nous sommes assis sur des tapis tissés afin d’écouter les anciens parler de l’impact du projet. Avec l’aide du traducteur, nous en avons appris plus sur les décès et la destruction qui ont frappé cette région, et la manière dont le relèvement était lent par rapport à la faim, la pauvreté et le manque d’abris.

Alors que j’écoutais sous le soleil brûlant, j’ai eu trop chaud et j’essayais de relever mes cheveux discrètement afin de me rafraîchir un peu. Mon petit problème était que je n’avais pas d’élastique; j’ai donc entortillé silencieusement mes cheveux et essayé de les faire tenir sans succès. Des chuchotements ont commencé parmi les femmes, et il se produisit une légère perturbation alors que les anciens essayaient de parler. Au bout de quelques minutes, une femme apparut et tendit de nouveau les mains vers mes cheveux, les emballa avec un ruban qu’elle avait trouvé et croisa mon regard avec un sourire. Ces femmes étaient des femmes qui luttaient contre la pauvreté. J’étais une étrangère et elles m’ont accueillie et ont répondu à mon besoin à l’aide de leurs ressources limitées—avec un sourire. Voilà ce qu’est la générosité.

Les enfants de Tamale au Ghana
Filmer dans la chaleur extrême pendant douze heures ou plus à la fois était normal durant plusieurs de mes voyages dont le but était de documenter les histoires des gens et d’inspirer d’autres à donner. Afin de maintenir notre énergie, notre équipe prenait un repas emballé et des boissons pour nous donner la force de continuer jusqu’au dîner. D’habitude, nos chauffeurs tiraient le repas du milieu de la journée du camion et le plaçaient dans une salle de classe vide pour qu’on puisse manger durant une pause naturelle entre des entrevues. Deux choses arrivaient à ce moment-là : une foule d’enfants se rassemblait autour des fenêtres de la salle de classe, et je me sentais coupable de la provision de riz et de légumes alors que les enfants n’allaient très certainement ne rien avoir à manger.

J’avais moi-même faim et soif, mais une faim plus grande me regardait littéralement en pleine face, et ignorer cela n’était pas supportable. Après quelques bouchées pour moi-même, je passais la boîte par la fenêtre à un des enfants qui attendaient. Plutôt que de partir en trombe en gardant la nourriture pour lui-même, quelque chose d’autre se produisit – une expression incroyable de générosité. S’asseyant, d’autres enfants se joignirent au premier en formant un cercle et la nourriture fut placée au centre. De façon très ordonnée, toute la nourriture était partagée et appréciée. Même les bouteilles d’eau furent partagées entre les enfants.

De par ma naissance, j’ai été placée dans un foyer nord-américain confortable et aisé. De par mon emploi, j’étais exposée à des gens qui font constamment face à une faim et une soif extrêmes. Mais je fus ainsi témoin d’une générosité extrême : des enfants affamés partageant leur nourriture sans égoïsme aucun.

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Lire ici la deuxième partie du chapitre. Cet article est un extrait d’un chapitre paru dans Une générosité qui change tout – même nous (Mississauga (ON): Les Assemblées de la Pentecôte du Canada, janvier 2014. © 2014 The Pentecostal Assemblies of Canada. Carol Froom est directrice du développement des ressources pour ERDO (Aide d’urgence et développement outre-mer). Pour commander ce livre, cliquez ici ou appelez au 905 542-7400, poste 3223. Photo © istockphoto.com.

1. “The economics of self-storage, The golden hoard,” The Economist, 18 Août 2012,
http://www.economist.com/node/21560602

2. Idem

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