Donner – quelle est la bonne motivation? – 2e Partie

Donner – quelle est la bonne motivation? – 2e Partiepar Ron Davis

Il peut s’avérer utile de considérer le don comme une discipline spirituelle. Les disciplines spirituelles sont pratiquées à cause de ce qui se trouve dans nos cœurs. Si nous aimons Dieu, nous prierons, lirons la Bible, nous réunirons avec d’autres croyants, et… nous donnerons. Nous pratiquons également les disciplines spirituelles afin que notre amour pour Dieu croisse, que nos cœurs soient changés, et que nous gagnions en maturité en tant que chrétiens. Dans une discussion au sujet de la possibilité de changer nos âmes pour le meilleur, Wesley Willmer parle de la façon dont les disciplines spirituelles nous aident à recevoir plus de la vie et de la puissance de Dieu; elles nous emmènent vers une relation spirituelle plus profonde avec lui 1 . Richard Foster dit que les disciplines spirituelles « …nous placent où Dieu peut œuvrer en nous et nous transformer. …Elles sont des moyens d’action de la grâce 2». C’est là ce dont parle Paul lorsqu’il parle de Christ comme étant formé en nous dans Galates 4.19 – la formation spirituelle. Donner contribue à cette formation spirituelle. Nous donnons car, en tant que discipline spirituelle, donner a la puissance de nous former et, avec l’aide de Dieu, de nous transformer. Donner est directement relié à notre relation avec Dieu. La façon dont nous utilisons nos finances et nos possessions peut nous rapprocher de Dieu ou nous éloigner de lui.

La bonne motivation pour donner vient du cœur. « Il est… assez vrai que ce que fait quelqu’un avec son argent révèle où se trouve le cœur de cette personne, et si oui ou non ce cœur a été transformé lorsqu’une personne se dit chrétienne. … Les patriarches riches mais pieux sont tous dépeints comme ayant généreusement partagé avec ceux qui étaient dans le besoin. Il existait un lien entre leur spiritualité et leur générosité 3». La générosité reflètera un cœur changé et aidera aussi à faciliter le processus continu de la transformation.

Le compétiteur numéro un pour notre cœur est l’argent, la richesse et les possessions—et il en sera ainsi pour le reste de nos vies! Jésus savait ceci lorsqu’il a dit : « Nul ne peut servir deux maîtres ; car ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon » (Mathieu 6.24). Non pas que nous décidions délibérément de faire confiance à l’argent; c’est la séduction de l’argent qui nous y amène. La pratique du principe biblique de la dîme constitue probablement une des manières les plus tangibles d’exprimer notre confiance en Dieu dans le domaine des finances.

La dîme, sous sa forme la plus simple, a pour but d’honorer Dieu. « Honore l’Éternel avec tes biens et avec les prémices de tout ton revenu. » (Proverbes 3.9) La dîme est faite pour honorer le Seigneur; son principe trouve ses racines jusque dans le Jardin d’Éden, où Dieu a stipulé qu’il y avait un arbre qui lui était exclusivement réservé.

Une des meilleures réflexions que j’ai lues concernant la dîme provient de Robert Morris, l’auteur de The Blessed Life 4 . Non seulement voit-il le principe de la dîme dans le Jardin d’Éden, mais aussi dans l’histoire de l’approbation de l’offrande d’Abel de la part de Dieu et de son rejet de l’offrande de Caïn. Abel a apporté des premiers-nés et le meilleur; Caïn n’a pas fait de même. Leur pratique a affecté de façon directe leur relation avec Dieu. Songeant à la lutte de Jacob avec Dieu (Genèse 28.22), Morris affirme que « le désir de Jacob de donner la dîme provient directement de son cœur reconnaissant 5».
Même dans les temps précédant la loi, la générosité était une expression extérieure de la transformation intérieure de la personne. Une des parties les plus intéressantes de la discussion sur la dîme rédigée par Morris est sa référence à Hébreux 7.8, où il suggère que l’auteur biblique souligne qu’Abraham a payé sa dîme directement à Jésus. Ceci prête une dimension très personnelle à notre générosité, particulièrement au fait de donner nos dîmes.

En substance, la dîme découle d’une relation rapprochée avec Dieu. Cette pratique reflète le fait que nous voulons honorer Dieu, lui faire confiance et dépendre de lui. Gardons toutefois à l’esprit que la dîme est seulement un point de départ de la générosité. C’est un très bon point de départ, mais un endroit terrible où s’arrêter. Il peut exister une forte tentation d’en faire une pratique religieuse plutôt qu’une expression du cœur. Ceci pourrait être la raison pour laquelle nous entendons souvent l’argument contre la pratique de la dîme qui affirme : « La dîme était la loi; nous sommes maintenant sous la grâce ». Comme le souligne Morris 6, le standard plus élevé de la droiture sous la grâce excède tout ce que peut exiger la loi (Matthieu 5.17-20). Lorsque le don vient du cœur comme une expression de gratitude et qu’il est ancré dans la relation, il ne s’arrêtera jamais à seulement 10 %.

La générosité vient d’un cœur transformé qui a renoncé à adorer Mamon pour se consacrer à Dieu. Être généreux, c’est laisser le caractère de Dieu se développer en nous et se révéler au travers de nous. « Car Dieu a tant aimé… qu’il a donné… » (Jean 3.16). En donnant, nous imitons et démontrons en même temps le caractère divin de Dieu. C’est Christ vivant en nous et au travers de nous. C’est l’édification d’une relation avec Dieu. La maturité spirituelle et la générosité marchent main dans la main.

La raison pour laquelle la corbeille d’offrande circule dans l’église et nulle part ailleurs est qu’en tant que communauté d’église, nous accordons de l’importance à la relation que chacun d’entre nous a avec Dieu. Donner l’opportunité de donner, c’est prendre soin de l’âme. Chaque invitation à exprimer la générosité est un appel à imiter le caractère de Dieu, à s’approcher de lui et à grandir en maturité dans notre relation avec lui.

GiveEveryDay_French_ColourLire ici la première partie du chapitre. Cet article est un extrait d’un chapitre paru dans Une générosité qui change tout – même nous (Mississauga (ON): Les Assemblées de la Pentecôte du Canada, janvier 2014. © 2014 Les Assemblées de la Pentecôte du Canada. Au moment où il a écrit cet article, Ron Davis était le secrétaire-trésorier du District la Colombie-Britannique et du Yukon pour les Assemblées de la Pentecôte du Canada. Pour commander ce livre, cliquez ici ou appelez au 905 542-7400, poste 3223. Photo © istockphoto.com.

1. Wesley K. Willmer, God and Your Stuff: The Vital Link Between Your Possessions and Your Soul
(Colorado Springs: NavPress, 2002), 31.
2. Richard Foster, Éloge de la discipline. Éditions Vida, 1993.
3. Ben Witherington III, Jesus and Money: A Guide for Times of Financial Crisis (Grand Rapids: Brazos Press, 2010), 145.
4. Robert Morris, The Blessed Life: The Simple Secret of Achieving Guaranteed Financial Results
(Ventura, CA: Regal Books, 2004), 29ff.
5. Ibid., 58.
6. Ibid., 54.

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