De la panique à la louange

Faire confiance à la Parole de Dieu quand la vie n’a pas de sens

par Sarah E. Ball

De la panique à la louange

Je faisais les cent pas dans la maison en pensant au meilleur endroit où me coucher au cas où je mourrais. Mon cœur battait la chamade, j’étais faible et étourdie et j’avais du mal à respirer. J’étais chez moi avec mes cinq enfants et deux autres. Mon mari était au travail et tout le monde dormait dans la maison. Désemparée, j’appelai le 911.

Quand les ambulanciers sont arrivés, ils m’ont fait leurs tests habituels; à mon plus grand embarras, tout allait bien. « Avez-vous connu beaucoup de stress ces temps passés? » m’ont-ils demandé. C’était le moins qu’on puisse dire! Je venais de passer une des années les plus stressées de ma vie.

En fait, j’ai fait une crise de panique. J’ai passé la journée au lit, pensant que tout cela passerait et que je me sentirais mieux le lendemain matin. Je n’ai jamais rêvé que cela deviendrait une spirale qui allait m’amener à vivre une des saisons les plus sombres de ma vie.

Ce jour de panique débuta un cycle de crises de panique quotidiennes, jusqu’à quatre fois par jour. Je ne pouvais pas prendre une douche, amener mes enfants à l’école ni manger. Je tremblais, ma gorge se serrait, ma poitrine se comprimait et mon cœur battait à toute vitesse, échappant à tout contrôle, même pendant mon sommeil. La peur absorbait mes pensées. Il n’y avait pas d’élément déclencheur particulier, sauf si un coup de vent soudain ou la sonnerie de la porte peut être considéré comme tel. Mon corps et mon esprit étaient comme déconnectés et j’avais perdu tout sens de stabilité.

J’ai consulté un conseiller chrétien, prête à ce que Dieu me fasse passer par le processus de guérison dont j’avais besoin. Mais malgré des mois de relation d’aide, chaque jour demeurait un combat. Je me suis lassée de cette anxiété et cette lutte quotidienne m’a poussée au désespoir.

Cela n’aurait pas dû arriver à une femme forte comme moi. J’étais un leader dans le ministère qui aidait de jeunes femmes à devenir des disciples. Mère de cinq enfants, je vivais heureuse mon rythme mêlé de stress et de chaos. J’écrivais pour encourager les autres à demeurer ferme dans leur foi.

Mon docteur, un chrétien, m’a tenu la main alors que je pleurais dans son bureau. « Même Jésus est passé par des moments de lassitude » m’a-t-il rappelé. Il m’a alors prescrit un médicament contre la dépression et l’anxiété le moins fort possible. Mais je suis devenus agoraphobe, j’ai perdu 15 livres et je vivais chaque jour sous un nuage très sombre. J’avais besoin d’aide.

« Pas un jour ne passe sans que je pense à la situation dont Dieu m’a tirée. »

J’ai ensuite commencé à cacher mes médicaments. Je mettais la bouteille d’eau de javel hors d’atteinte. J’évitais d’utiliser des couteaux, des sacs en plastique et des ficelles – tout ce que j’aurais pu utiliser pour me faire du mal ou à quelqu’un d’autre. Je vérifiais deux ou trois fois pour m’assurer que ces accessoires étaient bel et bien rangés hors de portée.

J’eu eu un type de réaction paradoxal appelé trouble obsessionnel compulsif (TOC) porté vers l’automutilation. Il s’agit de la forme de TOC la plus courante. La personne qui en souffre est bombardée de craintes irrationnelles de perte de contrôle et de se blesser ou blesser quelqu’un d’autre. Les habitudes répétitives couramment associées aux TOC se développent dans le but de favoriser de telles pensées et de dissiper l’anxiété qu’elles causent. Nous pouvons tous avoir des pensées bizarres, comme le fait de se demander si quelqu’un remarquerait notre absence si nous sautions d’un pont. Mais nous les ignorons comme étant bizarres et passons notre chemin. Pour quelqu’un qui souffre d’un TOC nous portant vers l’automutilation, de telles pensées peut le pousser à adopter une position fœtale. Il pourrait éviter tous les ponts ou créer un rituel pour soulager sa peur de devoir en franchir un.

Ayant affronté cela, je suis résolument en faveur de l’usage de médicaments quand cela est utile pour le traitement d’une maladie mentale. Ceux-ci peuvent faire la différence entre la vie et la mort pour bien des gens. Mais pour une raison quelconque, Dieu avait un autre plan en vue de ma guérison.

Je savais que c’était là le combat de ma vie, et j’ai donc recherché Dieu de tout mon être. J’ai commencé par « faire toute pensée prisonnière ». J’ai littéralement capturé chaque pensée nuisible ou déprimante et l’ai mise sur papier. Puis, je l’ai mise en face de la vérité telle qu’énoncée dans la Parole de Dieu.

Pour tenir le coup toute une journée, je me disais dès le réveil : « Je suis sûre de voir la bonté de l’Éternel sur la terre des vivants » (d’après Psaume 27.13). Au début, je ne le croyais pas, mais plus je le confessais, plus cette vérité me pénétrait.

Le sommeil n’était pas un répit pour moi. J’étais tourmentée par des cauchemars, des pensées anxieuses et le désespoir. J’ai dormi assise pendant quatre mois jusqu’à ce que je commence à placer ma confiance en la Parole de Dieu : « Je me couche et aussitôt je m’endors en paix, car c’est toi seul, Éternel, qui me donnes la sécurité dans ma demeure » (Psaume 4.8).

J’ai passé des heures dans la prière, suppliant Dieu de me délivrer de mon tourment. Chaque fois, il a été fidèle, et j’ai pu faire face à chaque assaut mental avec l’assurance qu’une fois que j’avais prié, je me sentirai mieux.

J’ai pris Dieu au mot et j’ai commencé à le rechercher ainsi que son amour : « Il n’y a pas de crainte dans l’amour. L’amour parfait bannit la crainte… » (1 Jean 4.18). Mon but dans la prière a toujours été de me connecter avec son amour envers moi : « Nous aimons parce qu’il nous a aimés le premier » (1 Jean 4.19). Au lieu de prier en disant : « Je t’aime Seigneur », j’ai commencé à dire : « Je t’aime aussi, Seigneur ». Et j’ai trouvé son amour!

J’ai commencé è le louer de ce que là où est la maladie, là est la guérison; là où est l’esclavage, là est la délivrance, et là où est la mort, là est la vie éternelle.

Avec le temps, j’ai commencé à passer de bonnes heures. Ces heures sont devenues des jours, puis des semaines, pour devenir un moi entier.

Je vis désormais libre de cette anxiété, cette panique et ce TOC paralysants. Pas un jour ne passe sans que je pense à la situation dont Dieu m’a tirée. Ce fut de loin l’année la plus marquante de ma vie, mais je le loue de m’avoir amenée de la panique à la louange.

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Sarah E. Ball rédige des articles, est conférencière et blogueuse (http://virtuouswomanexposed.com). Elle, son mari et leurs cinq enfants (âgés de trois à 15 ans) vivent à Coaldale, Alta. Cet article est paru dans le numéro de november1décembre 2014 de testimony, une publication bimestrielle des Assemblées de la Pentecôte du Canada. © 2014 The Pentecostal Assemblies of Canada. Photo © istockphoto.com.

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