Une vie à vivre

Une vie à vivrepar Dale Sanger

À chaque période de 24 heures, il nous est donné 86 400 secondes à combler pour réaliser nos plans et nos rêves pour cette journée donnée. Chacun d’entre nous dispose exactement de la même quantité de temps – ni plus ni moins. Je trouve intéressant que nous nous plaignions souvent d’être très pris alors que c’est bien nous qui gaspillons du temps. Nous développons des habitudes par lesquelles nous investissons notre temps aux mauvais endroits. Si notre temps était réparti en comptes, un peu comme notre argent, nous pourrions probablement examiner nos vies et réaliser que notre compte appelé « Temps avec Dieu » est à découvert depuis pas mal de temps. Et qu’en serait-il de notre compte « Temps en famille »? Où en est le solde?

Nous disons tous : « Demain, je m’y prendrai mieux ». Mais s’il n’y avait pas de demain pour mettre nos affaires en ordre? Permettez-moi de vous ramener quelques années en arrière. C’était le 8 mars 1999, un jour assez ordinaire pour ma famille. Il se faisait tard. Ma femme et moi étions dans notre salon pendant que les enfants dormaient dans leur lit, à l’exception de Dawson, notre fils de quatre mois. Il était occupé à rire, assis sur mes genoux. Je me souviens m’être dit que je ne passais pas assez de temps avec mes enfants. Quand je rentre du travail, je suis fatigué et j’ai juste envie de me détendre.

Juste avant minuit, ma femme et moi nous sommes couchés après avoir installé Dawson pour la nuit. Je suis sûr que la plupart des parents d’enfants de quatre mois se souviennent très bien de ces nuits sans sommeil. Il semble que le manque de sommeil ait été la seule constante de nos vies! La plupart des soirs, il nous réveillait en sursaut au moins deux fois, que ce soit pour le nourrir, changer sa couche ou simplement le tenir près de nous. Ce soir-là, c’était différent. Ma femme et moi avons dormi sans interruption. Quand mon réveil a sonné le lendemain matin à 6 h, je me suis levé et préparé pour une autre journée de travail bien occupée. Je me suis lavé, habillé, et juste avant de partir, je suis allé jeter un coup d’œil sur les enfants dans leurs chambres.

Comme d’habitude, nos filles Eden et Emily avaient repoussé leurs couvertures. Je les ai recouvertes et me suis penché pour les embrasser. Elles ont gigoté un peu. Je suis ensuite allé dans la chambre de Dawson. J’ai arrangé ses couvertures, mais étrangement, il n’a pas bougé. Dawson avait le sommeil léger. Je ne suis baissé pour l’embrasser, et me suis rendu compte avec horreur qu’il ne respirait pas. J’ai alors sorti son corps inerte et sans vie de son berceau tout en criant pour appeler ma femme. J’ai alors frénétiquement essayé la respiration artificielle pendant que ma femme appelait le 911.

J’ai rarement vécu ces instants où tout semble s’arrêter. C’est arrivé deux fois ce même matin-là. Le temps s’arrêta alors que nous attendions l’arrivée de l’ambulance. Les lumières ont soudain envahi notre rue résidentielle si tranquille à grand renfort de sirène, laissant son écho dans ma tête. Mais je n’enregistrais plus vraiment ce qui arrivait. On m’a dit que tout s’est joué en quelques minutes, mais ces précieuses secondes ont été perdues à jamais. Les ambulanciers sont entrés et ont continué la respiration artificielle. Ils ont embarqué Dawson à l’arrière de l’ambulance. Les portes se refermèrent sur nous.

“Aujourd’hui même, je m’active et j’oublie parfois où devraient être mes priorités, mais j’ai besoin de décider chaque jour si je passerai mes 86 400 secondes à faire ce que Dieu veut. Tournez vos cœurs vers lui; laissez-le vous diriger et vous ne le regretterez jamais.”

Quand nous sommes arrivés à l’hôpital, les docteurs ont amené Dawson dans une salle pendant que nous attendions. C’est la deuxième fois dans cette même journée que le temps sembla se figer – encore de précieuses secondes qui s’égrainent à prier et pleurer. Puis, une éternité plus tard, la porte s’ouvrit. Je me souviens avoir vu des films à la télé où les docteurs annoncent de mauvaises nouvelles à la famille, mais mon expérience ne ressembla en rien à cela. Cette fois-ci, c’est à moi que ça arrivait! Je ne pouvais pas me détacher de la situation. Ma vie était le « show », et ma famille jouait les premiers rôles, les plus cruels. La docteure s’est adressée à nous avec des larmes dans ses yeux et le long de ses joues. J’aurais aimé me souvenir de son nom pour la remercier pour sa sensibilité, mais je n’avais pas la tête à cela sur le coup. Elle nous a dit avec douceur : « Je suis désolée » alors qu’on entendait le bruit de la pendule derrière nous. « Nous avons tout essayé, mais nous n’avons pas réussi à le faire revenir ».

À ce moment précis, j’ai eu l’impression que quelqu’un venait de me frapper de toutes ses forces, au point de me couper le souffle. Aujourd’hui encore, j’aimerais avoir pris plus de temps avec Dawson. Je regrette de ne pas avoir utilisé mon temps avec plus de sagesse. L’auteur du Psaume 103 a écrit : « L’homme? Ses jours sont comme l’herbe, il fleurit comme la fleur des champs : lorsqu’un vent souffle sur elle, elle disparaît, et la place qu’elle occupait ne la reconnaît plus ».

Même si nous nous croyons indestructibles, notre temps est limité. Ma famille et moi avons survécu à la mort de Dawson seulement par la grâce et la compassion de Dieu en notre faveur. Certes, il nous est arrivé d’être en colère contre Dieu et de nous demander pourquoi cela nous est arrivé. Bien souvent, ce texte nous est revenu où Jésus dit : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et courbés sous un fardeau, et je vous donnerai du repos. Acceptez mes exigences et laissez-vous instruire par moi, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. En effet, mes exigences sont bonnes et mon fardeau léger ».

Aujourd’hui même, je m’active et j’oublie parfois où devraient être mes priorités, mais j’ai besoin de décider chaque jour si je passerai mes 86 400 secondes à faire ce que Dieu veut. Tournez vos cœurs vers lui; laissez-le vous diriger et vous ne le regretterez jamais.

ReadEveryDay_FrenchAu moment où il a écrit cet article, Dale Sanger était le pasteur principal de Marmora Pentecostal Church à Marmora en Ontario. Cet article est paru dans le numéro de décembre 2004 de testimony, une publication mensuelle des Assemblées de la Pentecôte du Canada. © 2004 The Pentecostal Assemblies of Canada. Photo © istockphoto.com.

Tags:

No comments yet.

Your Opportunity to Share and Inspire Others