Qu’y a-t-il dans la tasse?

par Connie Hale

What’s in the Cup? by Connie HaleVous est-il arrivé de vivre des semaines qui ressemblaient à la tempête parfaite, où plein de choses semblaient converger en même temps de toutes les directions? Des réunions où vous deviez être, des rendez-vous, des leçons à préparer, des problèmes de famille à régler, la voiture à faire réparer et même le chien qui mordille vos talons. Être accaparé par tant de tâches peut nous nous empêcher de voir la marque de Dieu sur notre vie au quotidien.

J’ai commencé à comprendre l’importance du temps quand mon mari a reçu un diagnostic de cancer du colon, qui allait finir par se propager au foie et aux poumons. Quand vous combattez le cancer, vous ne pensez pas en termes d’années mais vous chérissez plutôt les moments. Des choses que j’aurais considérées comme importantes avant le cancer ne le sont plus autant maintenant. J’ai encore des tâches à accomplir à la maison et dans le ministère, mais je ne me focalise plus autant sur la tâche que sur les personnes qui m’entourent.

Jésus est venu sauver les perdus en mourant sur la croix, mais alors qu’il était en marche vers ce moment, il a tendu la main à ceux qui souffraient. Jésus a regardé une femme dans les yeux et a vu le vide qui était en elle. Il a ensuite rempli son cœur d’un amour que cinq maris n’avaient pas réussi à lui apporter. Il a tenu des enfants et leur a fait sentir combien ils étaient précieux. Il s’est arrêté pour toucher un lépreux et lui a rendu son estime de soi. Il a vu cet homme impotent près de la piscine et l’a délivré de son infirmité. Un message écrit dans le sable et une question bien précise ont rendu la vie à une femme adultère. Aujourd’hui, Jésus vient réconforter une femme au milieu de la nuit alors qu’elle prie que son mari soit guéri du cancer.

Jésus me montre comment être une simple servante jour après jour, comment m’arrêter et donner à boire l’amour et la compassion de Dieu à tous ceux qui ont soif. En tant que disciple de Jésus, je dois me rendre au puits de la grâce et de la miséricorde de Dieu et puiser de l’eau vive afin de déverser ses bénédictions sur les autres. Je dois prendre le temps de remplir mon âme de sa présence, faute de quoi je ne serai qu’une coupe vide qui se balance au vent.

Un de ces moments où j’ai pu remplir ma coupe s’est produit l’été où mon mari Tom et moi avons voyagé avec notre Jeep. Nous sommes allés à Canadian Tire et avons pris un hotdog et une liqueur. Nous avons baissé le haillon de la voiture et sommes restés là sur le stationnement pour apprécier nos hotdogs et regarder les gens aller et venir. Un simple hotdog, une journée ensoleillée et le simple fait d’être ensemble ont suffi à créer un moment sacré. Quelque chose d’ordinaire apprécié de façon extraordinaire confèrent au temps et à la vie un caractère sacré. Je n’appréciais pas le temps à sa juste valeur avant le diagnostic du cancer de Tom. Je savais que le temps était précieux pour accomplir une tâche, atteindre un objectif ou finir un projet, mais je ne m’arrêtais jamais pour l’embrasser. Je me contentais de l’utiliser au maximum.

J’ai trop souvent reporté quelque chose qui était porteur de joie et qui remplit ma coupe parce que ce n’était pas dans mon programme ou ne cadrait pas avec mon ministère. Combien d’occasions ai-je ainsi manquées de prendre du temps de qualité en famille parce que j’étais trop occupée par mon ministère, à participer une réunion ou à dévoiler un nouveau projet? Que dire de toute ces autres occasions manquées quand nous ne disons pas « Je t’aime » à nos parents âgés ou à nos enfants devenus adultes, à notre conjoint ou à nos amis? Les pensées d’amour sont là; elles traversent nos cœurs mais nos lèvres ne les expriment pas.

« Alors que mon mari était là assis vaillamment à recevoir son traitement, je lui essayais le front avec un gant froid, lui tenais la main et lui donnais un verre d’eau. Ce ne sont que de petits gestes d’amour, mais c’est tout ce que j’ai. »

Assise à l’hôpital au son de machines qui ne cessent de bipper et entourée de matériel et de tubes sophistiqués pour dispenser la chimiothérapie à des gens fatigués et courageux, j’ai commencé à comprendre à quel point la vie est fragile. Alors que mon mari était là assis vaillamment à recevoir son traitement, je lui essuyais le front avec un gant froid, lui tenais la main et lui donnais un verre d’eau. Ce ne sont que de petits gestes d’amour, mais c’est tout ce que j’ai.

De l’expérience dévastatrice de la chimiothérapie, j’ai appris que de petites gorgées d’eau peuvent faire une énorme différence. Prenez le temps d’envoyer cette lettre ou ce courriel d’encouragement. Passez ce coup de fil pour montrer votre intérêt. Offrez ce bol de soupe aux nouilles à votre voisin malade. Tenez la main de quelqu’un et regardez-le bien dans les yeux. Ces dons de miséricorde signifient : « Je me préoccupe de toi ». Les gens ont juste besoin de savoir que nous nous préoccupons d’eux alors qu’ils se désaltèrent en buvant l’eau vive coulant de notre coupe.  

Mon mari et moi apprenons à embrasser le temps que nous avons ensemble et à en apprécier chaque instant. Les responsabilités et les ministères ont besoin d’être équilibrés afin que nous n’ayons pas de regret le jour où nous quitterons cette terre. Nous voulons partir en disant : « Nous avons bu jusqu’à être désaltérés et en avons eu assez pour remplir la coupe du besoin des autres ».

J’apprends à être une simple servante. Je suis la femme auprès du puits qui attend qu’il me remplisse pour que je puisse déverser son amour sur ma famille, mes amis et ceux auprès desquels j’exerce le ministère. J’apprends que le temps est précieux et que nous devons en apprécier chaque instant, sans craindre les années à venir. J’apprends à dire « Je suis désolée » et «  Je te pardonne » avec sincérité car le temps n’attend personne. La douleur m’a fait répandre des larmes qui ont coulé jusque dans ma coupe, mais le rire me permet de répandre la joie de cette même coupe. Et quand je suis vidée de tout espoir, Dieu envoie toujours quelqu’un pour me remplir tout à nouveau.

Je crois que la vie consiste à donner. Nous devons tous apprendre à être ceux qui partagent l’eau de l’espoir, de la joie et de l’amour qui nous est dispensée gratuitement de la main du Sauveur.

« Et celui qui vous donnera à boire un verre d’eau en mon nom, parce que vous appartenez à Christ, je vous le dis en vérité, il ne perdra pas sa récompense » (Marc 9.41).

ShareEveryDay_French_ColourAu moment où elle écrivait ces lignes, Connie Hale vivait à Tecumseh (Ontario), avec son mari Tom et venait de terminer un livre, Champion Over the Darkness. Cet article est paru dans le numéro de février 2008 de testimony, une publication mensuelle des Assemblées de la Pentecôte du Canada. © 2008 The Pentecostal Assemblies of Canada. Photo © istockphoto.com.

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